La libération de la Commune de Neupré et de quelques Communes avoisinantes

Publié le 16 novembre 2009, mis à jour le 28 novembre 2009


La libération de la Commune de NEUPRE (tous les villages inclus : EHEIN (haut), NEUVILLE-EN-CONDROZ, ROTHEUX et PLAINEVAUX), eut lieu le jeudi 7 septembre 1944.

Ce fut l’Å“uvre du Commandement de Combat "B" (Combat Command "B") appartenant àla 3ème Division blindée U.S. (3rd Armored Divison "Spearhead") "Fer de lance", commandée par le Général-major Maurice ROSE, une des divisions de la Première armée U.S. du Lieutenant-Général Courtney H. HODGES. Ce commandement de Combat "B" était divisé en trois groupements blindés (Task Forces) : TF 1 (LOVELADY), TF 2 (MILLS) et TF 3 (HOGAN), du nom de leurs commandants respectifs, le Lieutenant-Colonel William B. LOVELADY, le Major Herbert M. MILLS et le Lieutenant-Colonel Samuel M. HOGAN. Ces trois "Task Forces" étaient constitués par différents éléments groupés du commandement de Combat "B".

La veille, 6 septembre 1944, le groupement blindé TF 2 (MILLS) franchit la Meuse àNAMUR, passant de la rive gauche sur la rive droite. Il fut détaché du Commandement de Combat "B" et provisoirement rattaché àla 9ème Division d’infanterie U.S. afin d’aider celle-ci dans l’établissement d’une tête de pont dans les environs de DINANT. Le même jour, le groupement blindé repassa sous le contrôle de la 3ème Division blindée U.S., à9 h du soir.

Le reste du Commandement de Combat "B" franchit également la Meuse àNAMUR le 6 septembre 1944. Le groupement blindé TF 1 (LOVELADY) reçut l’ordre de foncer sur HUY afin de s’assurer des ponts y signalés intacts par des résistants appartenant àl’Armée Blanche. L’objectif (HUY) fut atteint vers 18 h, les deux ponts tombant intacts entre les mains du Commandement de Combat "B".

Entretemps, le Groupement blindé TF 3 (HOGAN), qui avait été rattaché àla 1ère Division d’infanterie U.S. ("The Big Red One" - "Le grand 1 rouge"), près de MONS, retourna aussi sous le contrôle de la 3ème Division blindée U.S. et s’efforça de rejoindre le plus rapidement possible le Commandement de Combat "B".

Le 7 septembre 1944, au matin, les deux autres Commandements de Combat de la 3ème Divison blindée, le "A" et le "R" ("R" pour "Réserve"), demeurés sur la rive gauche de la Meuse, reçurent l’ordre de quitter les environs d’ANTHEIT où ils avaient cantonné la nuit, et de se ruer sur LIEGE. Le Commandement de Combat "R" emprunta l’itinéraire n° 1 (la route des hauteurs de Hesbaye), tandis que le Commandement de Combat "A" emprunt l’itinéraire n° 2 (la route longeant la rive gauche de la Meuse). Le soir, le Commandement de Combat "R" arriva dans les environs de ANS et le Commandement de Combat "A" près du VAL BENOIT.

ITINERAIRE D’ATTAQUE DE CHARLEROI VERS LIEGE du 4 septembre 1944 au 7 septembre 1944

Vers la même heure, le Groupement blindé TF 1 (LOVELADY) quitta HUY en suivant l’itinéraire n° 3 en direction d’OMBRET. Làil trouva, comme on le lui avait signalé, le pont détruit et brà»lé. Le Commandement de Combat "B" reçut alors de nouveaux ordres : monter sur les hauteurs et atteindre pour le soir les communes d’ESNEUX et de TILFF, et de s’assurer de leur pont sur l’Ourthe. Le Groupement blindé TF 1 (LOVELADY) monta donc sur YERNEE, y prit la route vers SAINT-SEVERIN, rejoignit la route du Condroz et se rendit àLA TOLLE. Làil se scinda en deux branches. La première se rendit àEHEIN (haut) . Cette branche poursuivit sa route et traversa NEUVILLE-EN-CONDROZ en empruntant la rue du Village. Un témoin signale cependant qu’un petit groupe poussa une pointe jusqu’àla place du village. Il descendit vers le Vieux château et remonta quelque peu la rue du Hock. Très vite il rebroussa chemin et rejoignit le gros de la troupe. Tous montèrent la route d’Esneux jusqu’au château d’eau au coin de la rue Rimière. A ce carrefour, cette première branche retrouva la seconde qui, a LA TOLLE, avait suivi sur àpeu près deux cents mètres la rue de La Vaux, avait tourné àgauche et s’était dirigée vers LA RIMIERE.

Ce dernier groupe venait donc d’arriver depuis quelques minutes sur le territoire du village de ROTHEUX. Empruntant cette fois la rue Bellaire, puis la rue Sart Laurent, le Bout de Rotheux et l’actuelle rue des Acacias, le Groupe blindé TF 1 (LOVELADY) se dirigea vers le TROU BOTTIN. Y franchissant le gué, il emprunta un petit bout de la HEID DE BIOLEUX et par la rue Linette, aboutit au centre du village de PLAINEVAUX . Contrairement àce qu’on aurait pu croire, le Groupe blindé TF 1 (LOVELADY) quitta le village de PLAINEVAUX, vers le nord, par la rue du Centre, en direction de... BONCELLES. Au croisement des rues de Tilff, du Midi et Wagner, il tourna àdroite en direction de TILFF. Il y a atteindra, vers 17 h 30, son objectif assigné pour la journée et s’assurera du pont resté intact.

On aimerait signaler ici en ce qui concerne ROTHEUX, que le 991ème Bataillon d’artillerie de campagne (991st Field Artillery Battalion) venant de sa position près de LES COMMUNES (entre HUY et STREE), vint prendre position le 7 septembre 1944 près du BOIS DES HAIES DE MOGES et tira 51 obus. On ne précise pas sur quel objectif.

Les groupements blindés TF 2 (MILLS) et TF 3 (HOGAN), qui le 6 septembre au soir étaient arrivés aux environs de HUY (MARCHIN) se remettent en route le 7, leur objectif du jour étant ESNEUX et son pont sur l’Ourthe . Ils arrivent àNANDRIN, ayant emprunté la route de Dinant, au carrefour de QUATRE-BRAS. Sur les documents américains, on constate que de làils prennent la rue de la Gendarmerie pour se diriger sur LA VAUX. Toutefois, plusieurs témoins qui ont acclamé leurs libérateurs àQUATRE-BRAS se souviennent que ceux qu’ils ont vus se sont dirigés vers PETIT FRAINEUX, non par la route du Condroz mais par le petit chemin parallèle allant àSAINT-SEVERIN. A partir de làils rejoignent également la route du Condroz. A LA TOLLE ils se rendent carrément àLA VAUX pour rejoindre la route reliant NANDRIN àGRAND et PETIT BERLEUR. A la sortie de PETIT BERLEUR, ils empruntent immédiatement àgauche, le chemin de campagne et rejoignent ainsi la route reliant OUFFET àHOUT-SI-PLOUT (l’actuelle N 638) et de làse dirigent vers ESNEUX. Vers 17 h 20, ils atteignent cette dernière localité et y entrent par l’avenue Montefiore. Ravis, il constatent que le pont en bois est intact ; il a été maîtrisé par la Résistance belge peu de temps avant leur arrivée.

Le lendemain, dans la matinée du 8 septembre 1944, vers 10 h, neuf G.I.s d’une petite colonne blindée ayant quitté ESNEUX pour retrouver deux camions du Génie qui n’étaient pas rentrés au campement, perdront leur vie dans une embuscade dressée àLIMONT par des éléments de la 2ème"SS Panzerdivision - Das Reich".

BIBLIOGRAPHIE CONSULTEE :

- After Action Report - Heahquarters 33rd Armored Regiment.
- Appendix N°1 to A.A.R. for the Month of September 44.
- Spear In The West, 3rd Armored Division, 1945
(période du 22 aoà»t - 12 septembre 1944).
- G-2 Journal (Month of September 1944).
- After Action Report - Heahquarters 991st F.A. Bn.
- After Action Report - Heahquarters 83rd Armd. Ron. Bn.
- After Action Report - Heahquarters 58th F.A. Bn.
- Heahquarters CC "B", 2 October 44 (partie).
- Heahquarters Third Armored Division, 10 October 44.
- Spearhead History,G-3 Supplement, official record of combat,Major Murray H.Fowler,1945 (partie de Spearhead In the West).

COMMANDEMENT DE COMBAT "B" (Général de brigade Truman E. BOUDINOT)

- Groupement blindé TF 1 (LOVELADY) :

  • Compagnie de reconnaissance du 33ème Régiment blindé (3ème peloton) ;
  • Etat-major du 33ème Régiment blindé (l’échelon arrière se trouvant avec l’état-major du Commandement de Combat "B") ;
  • 2ème bataillon du 33ème Régiment blindé ;
  • 2ème bataillon du 36ème Régiment d’infanterie blindée (compagnie "F") ;
  • 1er peloton de la compagnie "B" du 23ème Génie blindé ;
  • 1er peloton de la compagnie "B" du 703ème bataillon de chasseurs de chars ;
  • Détachement médical ;
  • Détachement de maintenance ;
  • Compagnie "B" du 45ème bataillon médical.

- Groupement blindé TF 2 (MILLS) :

  • 3ème peloton de la compagnie de reconnaissance du 33ème régiment blindé ;
  • 1er bataillon du 33ème Régiment blindé ;
  • compagnie "F" du 36ème régiment d’infanterie blindée ;
  • 2ème peloton de la compagnie "B" du 23ème génie blindé ;
  • 2ème peloton de la compagnie "B" du 703ème bataillon de chasseurs de chars ;
  • Détachement médical ;
  • Détachement de maintenance.

- Groupement blindé TF 3 (HOGAN) :

  • 3ème Bataillon du 33ème Régiment blindé ;
  • 1er Bataillon du 36ème Régiment d’infanterie blindée.

- Les trains (= l’intendance) (Major INGRAN) :

  • Compagnie de maintenance du 33ème Régiment blindé (les détachements vers les trois groupements blindés ci-dessus) ;
  • Compagnie de service du 33ème Régiment blindé ;
  • des éléments rattachés de la 3ème Division blindée U.S.
  • Il n’y avait pas d’autre choix en 1944. En effet, la section de la route du Condroz reliant BONCELLES àcet endroit n’avait pas encore été construite.
  • Dans la façade de la maison située àl’angle de la rue Linette et de la rue du Centre àPLAINEVAUX, les propriétaires ont fait poser une dalle commémorative portant gravé l’inscription suivante : 10 MAI 1940 / ARRIVEE DES AMERICAINS : 7 SEPTEMBRE 1944
  • Les deux groupements blindés TF2 (MILLS) et TF3 (HOGAN), ont suivi l’itinéraire de progression n° 4.
  • Le commandement de Combat "B" comprenant plusieurs milliers d’hommes et de centaines de véhicules, ne progresse pas comme un seul homme ; il s’étire sur une grande distance. Les différents témoins voient donc arriver des groupes motorisés relativement modestes. Ces groupes sont, àleur tour, emprutent différentes voies de pénétration en tissant un certain réseau. Les témoins voient venir "leurs" groupes d’une certaine direction et les voient repartir dans une autre direction. Ils supposent qu’ils viennent d’un endroit précis, DINANT par exemple, alors qu’ils sont partis de HUY. Ils supposeront de même qu’ils se dirigent vers un endroit précis, ESNEUX par exemple, alors qu’ils se rendent àBONCELLES. Il n’y a que les archives, les "AFTER ACTION REPORTS" (Rapports après engagement) et d’autres documents similaires de ces unités pour connaître les endroits par où ils sont effectivement passés.

Par Ferdinand DESSENTE, 24 mai 1993


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