LA FABRICATION DE MANCHES D’OUTILS 2

Publié le 11 octobre 2010, mis à jour le 25 octobre 2010

Alain-Gérard KRUPA


Deuxième partie.

Dans le premier article consacré àla fabrication de manches d’outils, nous avons examiné comment on réalisait des manches en bois de quartier. Cette fois, c’est le façonnage "sur rondins" qui va être évoqué.

Ces types de manches étaient également appelés "sur rond de bois" ou "so rondin". Ils étaient fabriqués en façonnant un rondin d’un diamètre légèrement supérieur àcelui que doit avoir le manche. Cette technique était essentiellement employée pour les manches de pelles ou "escoupes", ceux des râteaux et parfois ceux des pioches. Dans le précédent article, nous avions vu que les bois de quartier, plus solides, étaient usités pour les seuls manches de pioches.

Examinons la technique sur rondins. Après avoir scié les rondins àla longueur souhaitée, on les dégrossit sur un billot avec une hache légère maniée àl’aide d’une seule main ("hèpe al main"). Puis, on taille le rondin sur un chevalet àl’aide d’une plane. On fait disparaître les traces de noeuds et les arètes et on "dresse", c’est-à-dire que l’on cherche à
rendre le manche le plus droit possible.

Celui-ci est alors raboté afin de l’arrondir de façon régulière. Après l’épreuve du rabot, il faut encore ronger ("rondjî") ou rogner, en l’occurrence biseauter le bout. Pour effectuer cette opération, il faut tenir dans la main gauche le manche posé verticalement sur le sol. Biseau et biseautage sont appelés "rondjèdje". Il ne reste plus qu’àpasser le manche au papier verré, au "papî d’vêre" ou "papî sabré". Pour cela, il est tenu dans la main plus ou moins horizontalement.

Il est àremarquer que les trois fabricants de manches d’outils, de Rotheux, habitaient tous les trois, dans la rue des Moxhes, appelée actuellement rue des Moges. Au premier tiers de la rue, vivaient Joseph et Hubert BOURGEOIS, dont vous venez de terminer l’histoire. Hubert vient de laisser tous ses biens àla Commune de NEUPRÉ. Quel dommage que l’atelier n’ait pas été laissé tel quel et transformé en musée. Les anciens propriétaires l’auraient mérité.

A Bonsgnée, Firmin GENON fabriquait aussi des manches, dans un petit hangar adossé au pignon de la grange occupée par feu Alphonse MINGUET. Actuellement cette grange est transformée en habitation (voir article sur Bonsgnée). Auguste.

A Neuville, il y avait également un fabricant de manches. François, l’artisan avait installé son atelier dans un ancien wagon àbestiaux de la SNCB. Il habitait la dernière maison du village, lorsque l’on emprunte la Tige de la Haie. Joseph FILEE.


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