LA MARÉCHALERIE

Publié le 28 octobre 2010

Alain-Gérard KRUPA


Le métier de "mariha" (maréchal ferrant) était difficile. Ainsi, outre les techniques de base de la pratique et l’habileté nécessaire, ce "magicien" devait aussi avoir des connaissances spécifiques et affinées dans les domaines de la physiologie et de l’anatomie du cheval. Par exemple, la ferrure ne doit pas seulement protéger le sabot mais doit également et surtout assurer une fonctionnalité optimale du pied, en veillant àprévenir sa déformation et àassurer son appui.

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Archives Ph. Musée Vie Wallonne

A côté du ferrage des animaux utilisés pour les travaux ruraux et pour les transports, le maréchal-ferrant fabriquait des outils divers pour les artisans et les agriculteurs. Il équipait aussi le foyer domestique et le feu d’âtre. Bref, il était un spécialiste indispensable àla vie économique, qu’elle soit rurale ou urbaine.

Dans notre région, cette activité était importante, en raison de la prospérité du commerce des chevaux. La raison d’être de ce métier se trouvait principalement dans des villages où les terres labourables nécessitaient àla fois des chevaux et du matériel agricole.

Le lieu de travail de cet artisan, en l’occurrence la forge, était un centre de vie sociale, un lieu de rencontre au même titre qu’une place ou qu’un bistrot. C’est làque le maréchal-ferrant oeuvrait, vêtu de son tablier de cuir, composé d’une grande peau lui tombant sur les pieds et d’une peau plus petite descendant jusqu’àmi-cuisses.

LE FERRAGE D’UN CHEVAL.

Le cheval est amené dans le travail ; son licou est lié au travail et deux chaînes, l’une devant l’autre derrière l’animal, empêchent celui-ci d’en sortir.

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Archives Ph. Musée Vie Wallonne

Le maréchal passe une corde derrière le pied avant gauche du cheval, soulève le pied et le pose sur la traverse latérale du travail où il ligature. A l’aide d’un tranchet et d’un marteau, il taille le sabot, il le "pare".

La surface devant recevoir le fer étant prête, il délie la patte et permet au cheval de reprendre sa position normale pendant que le maréchal-ferrant façonnera le fer. Celui-ci active le feu de la forge, y place un fer ébauché, recharge le foyer d’une pelletée ou deux de charbon et manÅ“uvre le soufflet.

Le fer ébauché est une barre àsection rectangulaire simplement coudée. Le maréchal en possède de différentes dimensions et choisit celui qui convient.

Sur l’enclume, il achève de lui donner sa forme : courbure voulue et pince. Il y perce les trous où se mettront les clous. Il replace le pied du cheval dans la même position que précédemment et applique le fer encore brà»lant sur le sabot. Les parties où ils portent sont brà»lées et dégagent de la fumée et une odeur caractéristique de corne brà»lée.

Le maréchal replace le fer sur l’enclume, retouche le fer de quelques coups de marteau, l’essaie ànouveau, alors qu’il est encore brà»lant. Il le plonge dans l’eau et l’achève de quelques coups de lime. Il le pose et le cloue, les pointes de clou sortant àtrois cm environ. Il taille le bord du sabot pour le faire affleurer au bord du fer, ébarbe les trous de sortie des clous.

Le pied est ànouveau libéré, puis posé sur un support àl’avant du travail, où il est ligaturé. Le maréchal coupe, àl’aide de tenailles, les parties des clous qui dépassent, puis les rive. Il reste àlimer le sabot àl’aide d’une grosse râpe et àl’enduire l’huile.

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Entête de facturier

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