La fontaine aux prés

Neuville-en-Condroz
Publié le 4 décembre 2010

Par Joseph FILÉE


Depuis 1992, année des fontaines, chacun essaye de se souvenir, qui de son puits, qui de sa pompe, qui de sa source où, chaque jour il venait remplir ses deux seaux pour les besoins alimentaires de la maisonnée.

Hélas, l’installation des conduites d’eau en 19551 a fait disparaître assez rapidement tous ces points d’alimentation ; et c’est ainsi qu’àNeuville-en-Condroz les quelques pompes ou fontaines se sont retrouvées soit enterrées sous les trottoirs en bitume, soit rasées et fermées d’une dalle au niveau du sol àl’exception de la pompe du Bida dont il subsiste encore la planche d’attache, et l’un ou l’autre puits chez quelques particuliers.

Et pourtant....Dans les terrains de cultures appartenant au château de Neuville et jouxtant le cimetière américain, il subsiste encore une jolie fontaine. Si elle a résisté àl’invasion des canalisations c’est sans doute parce qu’àcette époque elle était déjàoubliée, et cet oubli l’aura sauvée.

Installée sur le versant sud dominant le château de la Neuville, constituée de trois murs de briques barrés d’une porte de fer, et recouverte de terre, elle devait alimenter le jardin du château et son jet d’eau.

Elle a été surmontée d’une jolie colonnette de pierre en 1792, époque des grandes transformations décidées par les propriétaires, la famille de Lannoy.

Appelée "la fontaine au pré (ou au preit)" elle a donné son nom au nouveau lotissement de la "Terre àla Fontaine".

Elle était connue des ouvriers agricoles qui venaient y puiser une cruche d’eau bien fraîche pour étancher la soif qui se faisait sentir aux heures les plus chaudes de l’été, quand on fauchait les moissons de la Terre des Quarrés ou le long du Bois des Fumets. Ainsi que pour les premiers ouvriers du cimetière américain qui s’y désaltéraient après avoir creusé les fosses pour y enterrer les corps de ces jeunes américains tombés dans les Ardennes.

Actuellement, elle est livrée àla curiosité de quelques enfants imaginatifs qui en font leur île de Robinson, leur caverne d’Ali-Baba ou leur campement de survie. Mais il est urgent de la dégager de toute végétation sauvage qui a envahi son tertre et de restaurer ses murs de briques crues. De plus, sa colonne présente un réel danger pour celui qui, malencontreusement, descellera la dernière brique qui la maintient encore en équilibre.

L’année des fontaines est donc arrivée àpoint nommé ; l’Administration Communale, qui a reçu le feu vert de la part du propriétaire, a bien l’intention de s’en occuper, et c’est heureux ! Elle reste en effet la dernière fontaine digne de ce nom sur le territoire de La Neuville.

1 Note 2010. Les villages ont eu l’eau courante bien plus tard que les villes avoisinantes. (JM)


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