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LE CHÊNE AUX MAKRALLES

dimanche 5 décembre 2010, par Jean Mertens

Renaud Strivay

L’âge a creusé son tronc et dans son ombre antique

Qui frissonne, le soir, aux vents frais du plateau

On voit parfois flotter les franges du manteau

D’une affreuse sorcière aux yeux diaboliques.

*

Plus d’un, lorsque minuit sonne au loin fatidique.

Ne voudrait pas frôler le bout de ses rameaux

Car un souffle sortant d’on ne sait quel tombeau

Secoue alors le front du vieux chêne anémique.

*

Jadis quand le soleil dorait ses branches torses

Je m’appuyais heureux contre sa rude écorce ;

Mais, vers le soir, sa voix me clouait au chemin.

*

Il me semblait alors receler sous ses feuilles

Tous les esprits méchants dont la légende endeuille

Les récits des conteurs et l’âme des bambins.

*

Renaud STRIVAY - Aux Tournants de la vie - 1910

Ce chêne aux Makralles se situait rue Linette. Il a été abattu en 61-62, par ordre du bourgmestre.

Le sonnet classique d’alexandrins rimés (ABBA CDDC EEF GGF) d’un poète régional célèbre en son temps dans la région a été publié dans le premier numéro, désormais épuisé, des Cahiers de Jadis.