0175. NEUPRE SOUS L’ANCIEN REGIME.

APERCU SUCCINCT DES INSTITUTIONS POLITIQUES, ADMINISTRATIVES, JUDICIAIRES ET SOCIALES DE NEUPRE SOUS L’ANCIEN REGIME

3ème partie.

LES POUVOIRS DU CHEF DE L’ETAT

Sous l’Ancien Régime, les princes des Pays-Bas exercent des pouvoirs que l’on appelle « régaliens » (du latin « rex-regis), souverains ou plus traditionnellement « seigneuriaux ».

La notion de « seigneurie », qu’il ne faut pas confondre avec la « noblesse » (état social héréditaire), recouvre en fait trois significations. Il y a la seigneurie personnelle qui est un droit de propriété et d’autorité plus ou moins total exercé sur une personne: esclaves qui tendent à disparaître au Xe siècle seulement; serfs, ces anciens esclaves casés et fort partiellement émancipés (ils restent « corvéables et taillables à merci »), bien que le servage tende à disparaître à partir du XIV-XVe siècle; domestiques, femmes, enfants,…

Les seigneurs d’Esneux

La seigneurie personnelle ne doit pas être confondue avec la seigneurie foncière, droit de propriété exercé sur des biens immobiliers cédés en censives à des paysans, ou en fiefs à des vassaux dont le seigneur attendait en retour un service armé.

C’est ainsi que Gilles de Duras, qui avait en 1192 cédé des terres de Rosière, de Strivay et de « Frefalise » à des moines de l’abbaye de Signy1, accompagna en croisade son seigneur, le duc de Limbourg Waleran. P

Pierre tombale de Jean d’Argenteau, Comte d’Esneux.

Un fief est cédé quasiment à perpétuité au vassal et à ses héritiers à la condition que le vassal fasse relief de son fief devant une cour de justice féodale: les familles qui héritèrent ou acquérèrent au cours des siècles de territoire Esneux – Duras, Walcourt, Clermont, Argenteau, Rahier – faisaient relief de leur fief devant la Haute Cour féodale de Limbourg qui veillait aux intérêts du véritable seigneur d’Esneux, les ducs de Limbourg jusqu’en 1288, les ducs de Brabant de 1288 à 1430, les ducs de Bourgogne de 1430 à 1482, les Habsbourg de 1482 à 1794.

Remarquons qu’un vassal est en droit de concéder en arrière-fiefs certaines portions de son territoire à une personne qui devient un arrière-vassal des ducs de Limbourg et des Souverains des Pays-Bas.

La cour féodale d’Esneux, qui représentait les intérêts du seigneur d’Esneux, enregistrait les reliefs et les transactions diverses auxquels donnaient lieu les arrières-fiefs de Monfort et d’Avister. C’est ainsi que se constituait la pyramide féodale qui reliait le suzerain à ses arrières-vassaux.

Marc LORNEAU.

1     Les moines de Signy appartenaient à l’ordre des Cisterciens, qui avait été fondé en 1098 à Cîteaux et avait essaimé dans toute la France avant de gagner nos régions. Le site de Rosière se révéla cependant incommode et les moines décidèrent finalement de s’établir en 1202 au Val-Saint-Lambert, sur une terre concédée par le prince-évêque Huges de Pierrepont (1200-1229).