0141. HISTOIRE DU CHATEAU DE NEUVILLE (II)

Nous sommes au début du XVIII s. : « Siècle des Lumières ».

Pour LIEGE et sa principauté : phase intense de construction et de rénovation, manifestation évidente d’un certain art de vivre.

Pour les châteaux de l’époque, on accordera également de l’importance à l’aménagement de l’environnement. Le château de NEUVILLE en est un bel exemple.

En 1724, les LANNOY acquièrent le château par mariage. Leur seigneurie le marqua de son empreinte pendant 130 ans, au cours desquels il connaîtra son apogée : de forteresse, il devient « demeure de plaisance ».

Dans les notices historiques d’Amédée de RYCKEL, 18921 , on peut lire : … « En 1724, Aldegonde-Louise-Françoise de WARNANT devint la femme de Damien-Adrien-Ernest de LANNOY-CLERVAUX.

Leurs descendants se maintinrent à la NEUVILLE jusque la Révolution et continuèrent à posséder le château jusque dans la moitié de notre siècle.« .

1 Nous devons à Abel LURKIN2, les relations suivantes :

« A l’époque, les seigneurs de la NEUVILLE étaient les maîtres absolus dans la région. Tout dépendait d’eux. Soucieux d’en faire une demeure de plaisance à la fois somptueuse et ravissante, Adrien-Jean-Baptiste de LANNOY employa trente ans de travaux ainsi que des milliers de Louis. Le goût du mobilier, l’art des décorateurs permirent d’affirmer, peu avant la Révolution, que le château de la NEUVILLE figurait parmi les plus beaux, les plus remarquables de la Province de Liège. A la Révolution, Adrien J.B. de LANNOY, avait été contraint d’émigrer. Lorsqu’il revint, il obtint l’assurance que la NEUVILLE serait rendu à sa famille.

Attardons nous quelque peu sur cette magnifique gravure de Remacle le Loup datant de 17433. Nous référant à L.F. GENICOT4 , nous pouvons retracer le suivi des changements et améliorations que nous situons dans la moitié du XVIIIs.

« . Toutes les façades de la demeure furent ajourées des fenêtres que l’on connaît aujourd’hui, les sous-sols aménagés pour les services, une tourelle d’escalier supprimée dans le coin de la cour d’honneur et l’intérieur entièrement paré de boiseries et de stucs soignés de goût rocaille, voire style LOUIS XVI déjà, dont il ne reste plus rien hélas. Au même moment les salons du bel étage s’ouvrirent au midi sur des jardins français auxquels les reliait un pont de plain-pied et sur de longues perspectives de drèves s’éloignant de ce côté. La basse-cour s’est accrochée au château même, qu’elle amplifiait d’autant vers le nord. « 

Nous terminerons notre observation de cette gravure par le JARDIN REGULIER DIT A LA FRANCAISE. La Neuville est cité dans l’inventaire des châteaux de la Principauté de Liège présentant un jardin régulier au XVIII s.5. Cette appellation est adéquate car sa construction respecte les caractéristiques d’unité, de grandeur, de symétrie, d’axe, de zones de tels jardins. Une analyse comparative de cette gravure, de documents postérieurs et sur le terrain, nous permet de mettre en évidence les différents éléments de cette magnifique décoration : les proportions, la séparation en deux niveaux, la forme géométrique régulière, divisée en compartiments, aux parterres de forme rectangulaire, les bassin et jet d’eau, les allées droites. Le tout fermé par un mur de clôture en pierre, entrecoupé de grilles, marqué par deux pavillons d’angle et deux oculus.

L’ accès au château, à cette époque, se faisait par le Sud, soit côté jardins (une allée bordée de tilleuls existe encore dans le cimetière militaire américain). Après avoir franchi le portail, le pont et le passage sous le donjon, le visiteur se trouvait sous la galerie au pied de l’escalier d’honneur.

Au milieu du XVIIIs., la basse-cour laisse la place à la belle et grande ferme que nous connaissons …(à suivre).

A propos de BONSGNEE…

Notes provenant de Monsieur VANDENVEN de Tilff et communiquées par Madame XHENSEVAL.

Un rapport déposé à l’Administration des Mines (Liège, 27 mars 1848), signale l’exploitation de la mine de BAUSGNEE (BONSGNEE) exploitée par 3 puits (une centaine d’ouvriers). Le minerai était envoyé à SCLESSIN.

S’agirait-il de l’explication concernant les « monticules » signalés par Auguste DROMELET dans l’article sur BONSGNEE.

(voir « Les cahiers de jadis » n2,3,4)2

1     de RYCKEL Amédée : « Les communes de la Province de Liège », notices historiques 1892 – Réimpression en 1979.

2     LURKIN Abel : « Le cimetière sylvestre » (?) – Ed. St Hubert-VERVOZ par Ocquier (vers 1940).

3     de SAUMERY Pierre Lambert : Les Délices du Pays de Liège – 1743 Réimpression Bruxelles 1970.

4     GENICOT L.F. : Le grand livre des châteaux de Belgique – Ed. VOKAER – Bruxelles 1977.

5     DUMOULIN Benoît – Histoire de l’art des jardins réguliers au XVIIIs. dans la Principauté de Liège. Mémoire 1987.