0326. LE SCIEUR DE LONG

6ème partie.

Préparation et entretien de la scie de long.

La préparation de la scie calée dans les rainures du limeû.
MVW n 23418

L’écartement des dents doit être réglé suivant l’essence des bois à scier. Par exemple, pour les bois plus tendres, à la sciure plus grosse, il faut beaucoup de voie, c’est-à-dire un grand écartement des dents. On donne de la voie à une scie en pliant légèrement les dents vers l’extérieur à contre-sens, alternativement à droite et à gauche.


Les dents limées différemment pour le bois tendre et le bois dur. MVW n23431

Par ailleurs, il faut limer la scie, en commençant d’abord par le fond de la dent. « En limant, si on veut donner du mordant à la scie (…), on rend les dents plus crochues et plus pointues. Cette opération est nécessaire pour le bois tendre tel le sapin« 1.
« L’affûtage de la scie, avant le sciage et, éventuellement, s’il s’agit de rendre à la scie plus de mordant ou de voie au cours du sciage d’un gros tronc, sa rectification se fait, comme pour les autres scies, en calant le dos de la lame dans les rainures d’un limoir« 2.

« L’affûtage de la scie, avant le sciage et, éventuellement, s’il s’agit de rendre à la scie plus de mordant ou de voie au cours du sciage d’un gros tronc, sa rectification se fait, comme pour les autres scies, en calant le dos de la lame dans les rainures d’un limoir« 2

Le sciage.


Les scieurs au travail. Un coin vient d’être introduit dans la voie
M.V.W A. 35672e

Deux scieurs pratiquent le sciage: l’un se tient sur le tronc et l’autre dans la fosse. Ils guident la scie en suivant le trait marqué au cordeau.

Le début de cette opération est très importante car la scie, une fois mise en place, se guide pratiquement d’elle-même en raison de sa largeur. Pour faciliter la pénétration de la scie, on introduit des coins de plus en plus gros dans la fente ouverte à l’extrémité du tronc. Ces coins rendent le sciage plus aisé.

«  Le déplacement de la scie dans le plan vertical n’est pas un simple mouvement alternatif. le scieur du bas, quand la scie remonte, la tient d’abord un peu en arrière, puis à la fin de la remontée, la rapproche du bois. Pendant ce temps, le scieur du haut l’écarte jusqu’à ce qu’elle soit arrivée à son point haut. Quand la scie redescend, le scieur du bas commence par tirer fort en poussant la scie contre le bois; celui d’en haut rapproche la scie de lui dès le début de la descente et il ne pousse fort qu’à partir du moment où le fer arrive au milieu de sa course. Le fer mord ainsi, progressivement de plus en plus de bois au cours de la descente, et il ne scie pas pendant la remontée« .

Le scieur du haut est passé sur l’allonge. MVW n23428

«  A la fin du sciage du tronc, le scieur d’en haut est arrivé sur le reculoir, l’allonge disposée pour lui permettre de se tenir au-delà de l’arbre. (…)

Comme on ne peut scier dans la traverse fixe sur laquelle repose la base du tronc, (…) il reste toujours un point d’attache ayant, sous le tronc, au moins la largeur de la traverse fixe (…). Les derniers coups se donnent au ralenti (…). Quand on en est arrivé là pour tous les traits, les scieurs tirent les agrafes. C’est déclouer le bois. Alors, en se servant de la hache à équarrir (…) on éclate les planches« .

Alain Gérard KRUPA.

1     Elisée LEGROS, Le scieur de long en Ardennes liégeoise, in Enquêtes du Musée de la vie Wallonne, tome IV, 1946, pp 213-254.

2     Ibidem